C’est au cœur du magnifique parc des Pays de Loire que se déroule la nouvelle affaire de la commissaire Bombardier. Si vous avez la chance de vous y rendre, vous verrez : il y règne une douceur particulière… propice au meurtre.

« Douceur assassine » est le titre du Tome 9 de la série, dont la publication est prévue courant septembre 2024. Je vous offre un extrait qui présente le parc et je vous invite à aller le parcourir fissa, tant que la végétation donne le meilleur d’elle-même. Personnellement, j’y suis allée à plusieurs reprises depuis sa création et j’ai constaté une sacrée métamorphose. Quel plaisir de constater comment les végétaux se sont installés et occupent l’espace désormais ! De plus, chaque année, de nouvelles animations enrichissent la visite. Comptez une journée minimum si vous y allez avec vos enfants.
EXTRAIT
… Mireille est émue. Son mari a le visage radieux des premiers jours de leur rencontre, lorsqu’ils envisageaient de vivre ensemble et fonder une famille. Elle a vu juste et a vraiment choisi le cadeau d’anniversaire approprié. Un bref air de nostalgie marque son regard.
— Oh oui, profitons-en. Par où allons-nous commencer ?
À l’aide du plan, Pierre prend la direction des opérations, oubliant toutefois son habituel ton professoral. Il est trop excité. Ses doigts glissent sur le papier brillant.
— Si j’ai bien suivi, le parc comprend cinq grandes parties : « Escapade en Anjou », « Les grandes explorations », « Le végétal insolite », « Aux origines de la vie » et « Les mystères de la forêt ». Les tiny houses, tu vois, sont ici, à l’extrémité nord.
— ça paraît immense. Tant mieux, ça va nous faire marcher un peu. Le médecin nous a bien dit qu’on ne se bougeait pas suffisamment, ni toi ni moi, d’ailleurs. Rappelle-moi les spécificités de chacune de ces zones.
— Voyons. Dans la zone rouge, nous sommes dans l’escapade en Anjou. Il me semble que notre hôtesse a parlé d’une déambulation dans les différents grands sites paysagers de la région : la roseraie d’Angers, les vignes du roi René… Je pense que c’est aussi une présentation ludique des plus importantes productions locales. Et pour toi qui apprécies les contes fantastiques, nous aurons l’occasion d’en découvrir un peu plus sur les légendes du cru. Ça peut être sympa pour démarrer. Après tout, aucun de nous deux ne connaît le coin.
— C’est vrai.
— Ensuite, tu as cette zone en bleu consacrée aux grandes explorations. Je suppose qu’ils y évoquent les botanistes célèbres qui, bravant les océans, sont valeureusement partis à la conquête de terres inconnues. C’étaient de redoutables aventuriers. Je pense que, quelque part, au fond de moi, j’aurais adoré leur ressembler. Je me souviens, quand j’étais jeune, avoir dévoré un bouquin qui racontait l’histoire vraie de Robert Fortune, un botaniste écossais envoyé en Chine par la Compagnie britannique des Indes orientales pour percer le secret du thé. Comme il était interdit aux étrangers de voyager sur le territoire chinois, Robert Fortune se déguisa pour passer inaperçu. Au risque d’y laisser sa vie, il réussit à expédier dans son pays les premières boutures de théier, mais pas seulement. Il découvrit bien d’autres végétaux sur lesquels les Anglais, férus de jardinage et grands amateurs de nouveautés, se sont jetés : de nombreuses espèces de rhododendrons et d’azalées, les pivoines que tu aimes tant et même la superbe anémone du Japon que tu avais installée chez nous, à l’ombre des arbres où rien ne voulait venir. Tu te souviens ? Toutes ces magnifiques plantes, on les doit au courage de Robert Fortune. Remarque, avec un nom pareil, il ne pouvait que réussir ! Ça, ça va me plaire. Je le sens.
— Surtout s’il y a un aspect historique dans la présentation. Tu as toujours aimé ça, l’Histoire.
— Exact. Ensuite, là tu vois toute cette zone marquée en couleur orange ? Ce sont les origines de la vie. Ça doit être la partie plus scientifique. Il est indiqué des animations en réalité virtuelle, en 4D… On peut même monter à bord d’un ballon à gaz pour admirer l’ensemble du parc. La brochure précise que c’est le plus gros du monde. Il permet d’avoir un panorama à trois cent soixante degrés. Vu l’importance des plantations et la présence d’eau partout, le spectacle doit être magnifique. On ira, hein ?
— Cela m’étonne de ta part. Tu n’es pas sujet au vertige, d’habitude ?
— Étant donné l’altitude maximum du ballon, cent cinquante mètres, cela devrait aller. Je ne suis pas une mauviette tout de même !
— Chouette alors ! On ne va pas rater cette envolée dans les airs. En une semaine, on devrait avoir le temps de tout visiter.
Le doigt de Pierre Lamoureux poursuit son cheminement sur le papier glacé.
— Ici, ce sont les végétaux insolites comme ceux qui ne peuvent vivre que dans l’eau ou, encore plus incroyable, les plantes carnivores qui avalent les insectes aventuriers. Il paraît que l’on peut même assister à des séances de nourrissage. Je suis curieux de voir ça. Toi, ce qui pourrait te plaire, c’est de découvrir les raretés capables de s’adapter aux pires stress. Quand on pense que certaines espèces arrivent à survivre dans des milieux hyper salés, très arides ou glacials ! Tu savais qu’on les appelle les plantes extrémophiles, ces végétaux fous qui résistent aux conditions extrêmes ?
— Aux conditions extrêmes ? Un peu comme vivre avec toi ? ironise l’épouse enchantée de constater l’enthousiasme de son mari.
— Sûrement, Mimi. Je te l’ai dit, je me rends bien compte que je ne suis pas toujours facile à supporter. Tu as bien du mérite et j’ai surtout beaucoup de chance de t’avoir croisée, un jour, sur les bancs de la fac.
Touchée par ces confidences, Mireille sourit, attendrie. Elle se souvient des promesses devant Monsieur le Curé et de sa conclusion : « Vous voilà unis pour le meilleur et pour le pire, mes enfants, unis pour la vie. »
Tant que la vie dure… pense-t-elle songeuse. L’heure n’est pas à la mélancolie, Mireille se ravise.
— Et alors, la toute dernière extension que l’on nomme « Les mystères de la forêt », tu crois qu’on pourra y aller aussi ?
— Cela m’étonnerait, ma chérie. Rappelle-toi ce qu’a dit notre guide : « Cette zone est en cours d’aménagement. » Il me semble qu’elle a ajouté que ce périmètre ne serait pas opérationnel avant plusieurs mois.
— Quel dommage ! Je suppose que cela va être très différent du reste. Si j’ai bien compris ce que nous a expliqué l’hôtesse, ils sont en train de réaliser un lieu impressionnant, truffé de grands arbres centenaires qui borderont le parcours des géants. Je m’attends à pénétrer une atmosphère surnaturelle, un peu oppressante à la nuit tombée, croiser des personnages maléfiques qui viennent te chatouiller les oreilles et ricanent en dansant autour de toi. Tout ça sur fond de cri de chouette hulotte… Brrr… J’en ai déjà des frissons.
— Tu as toujours eu tant d’imagination. De toute façon, rien ne nous empêche de revenir l’année prochaine si cela nous plaît. Et cette fois-ci, ce sera à mon initiative.
Les photos ont été prises lors de ma dernière visite de reconnaissance. Pour découvrir Terra Botanica et organiser votre visite : https://www.terrabotanica.fr/