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Vive l’anti-gaspillage pour les livres aussi

Savez-vous que, dans l’édition classique, un livre imprimé sur quatre termine sa vie au pilon ? On nous demande, à juste titre, de faire des efforts pour limiter le gaspillage alimentaire, mais pour les livres alors ?

Dans l’édition classique, l’éditeur fait imprimer un stock de livres correspondant à ses estimations de vente. Il les place chez ses clients libraires et reprend ensuite les invendus. Un système de dépôt-vente, quoi. Les livres repris parfois repartent dans le circuit mais sont, le plus souvent, éliminés. Non seulement un livre sur quatre est fabriqué pour être ensuite détruit mais, en plus, il aura généré des frais de transport aller-retour inutiles, de quoi bondir d’indignation, quand on est sensible aux problèmes environnementaux.

Certes, sensibles à l’indignation de leurs lecteurs, les professionnels du secteur ont créé la filière du livre d’occasion et essaient de pratiquer de plus en plus le recyclage. C’est une bonne chose, mais il n’en reste pas moins vrai que Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Alors, pourquoi ne pas aller plus loin et développer l’impression à la demande, pour ne fabriquer que des livres vendus ?

Personnellement, je n’arrive pas à comprendre où sont les freins. On me dit que « Le coût important de cette solution, couplé à ses capacités limitées, en fait un modèle compliqué à appliquer qui ne semble attirer ni les libraires ni les éditeurs ». Mais, a-t-on bien étudié le sujet ? Quand je vois le temps passé par les libraires pour gérer tous leurs invendus, les manipulations inutiles que cela génère et la perte de temps induite, le coût du loyer dû à l’énorme stock de bouquins sur le lieu de vente… Je pense surtout que ce nouveau système bouleverse tellement les habitudes de toute une filière que la peur du changement bloque l’initiative. Pendant ce temps, Amazon est en train d’investir dans des chaines d’impression à la demande. On verra qui a raison.

En tout cas, vu de ma fenêtre, l’impression à la demande est une solution d’avenir. Les machines déjà très performantes (un livre de plusieurs centaines de pages est imprimé en quelques minutes et Amazon déclare être capable de livrer sous deux jours grâce à ce système) ne peuvent que s’améliorer. Donc, je continue à n’utiliser que de l’impression numérique, et en France en plus, en favorisant le circuit le plus court possible. Certes, ma marge en est un peu réduite mais je me sens mieux dans mes baskets.

Et vous, amis lecteurs, vous en pensez quoi ?

PS : Et vive l’occasion, les boîtes à livres et les livres que l’on se passe entre amis !

A votre tour d'écrire !