La minute verte

Le slow flower, quesako ?

Vous pensez que recevoir un joli bouquet de fleurs, cela fait toujours plaisir ? Pas si sûr ! Aujourd’hui, la sensibilisation du public pour des produits éco-responsables, modifie le regard porté sur ces fleurs. Certaines ont parcouru des milliers de kilomètres quand d’autres ont reçu beaucoup de produits de traitement ou ont nécessité du chauffage tout l’hiver… Compte-tenu des conséquences sur la santé et le climat de telles pratiques, on peut légitimement s’interroger sur l’origine des fleurs que nous achetons.

Le slow flower consiste à cultiver des fleurs locales, sans produits de traitement ni chauffage. C’est vrai que la nature nous offre une palette d’espèces végétales extraordinaire.

Dans « Sang rancune, mon amour », la 5e affaire de la commissaire Bombardier, qui se passe dans le milieu varois des roses, j’aborde ce sujet. Voici un extrait :

« — Si votre combat est de lutter contre le dérèglement climatique, je suppose que toutes ces serres de culture chauffées et éclairées que l’on trouve ici, dans le Sud, doivent vous poser problèmes.

— Bien sûr. Nous sommes contre ces cultures artificielles qui nécessitent l’utilisation de chauffage, de quantités impressionnantes d’eau et l’emploi de substances chimiques. C’est une aberration. Tout ça pour produire des fleurs qui ne sont en rien indispensables à la vie. Nous, nous prônons le Slow flower.

— C’est-à-dire ?

— Cela consiste à ne produire que des fleurs locales qui poussent grâce au soleil et à la pluie qu’elles reçoivent. Ici, dans le Var, le climat est particulièrement propice à la production naturelle de tas de fleurs différentes. C’est bien suffisant. »

Alors, votre prochain bouquet ? Roses du Kenya ou fleurettes des champs ?

27 juin 2021 : Journée de la fleur française !

Environ 85% des fleurs coupées achetées en France sont importées, déplore un collectif de professionnels de la filière qui organisera le 27 juin une Journée de la fleur française pour sensibiliser le grand public à cette situation.

Chasses aux bouquets de fleurs, ateliers, portes ouvertes, banquets: une centaine d’événements seront organisés dans l’Hexagone pour «fêter la fleur locale et de saison» et demander aux consommateurs «d’aider à réimplanter la culture des fleurs en France».

Cofondé en 2017 par une floricultrice du Nord, Hélène Taquet, le Collectif de la fleur française rassemble des producteurs, des fleuristes et quelques grossistes qui croient possible de redynamiser la production française. Le collectif fleurs françaises, qui compte quelque 220 membres, ne se consacre qu’aux fleurs coupées, secteur particulièrement menacé. Sa première initiative a été de créer un annuaire des acteurs de la filière travaillant avec de la fleur française afin de les mettre en contact. Il s’inscrit dans le mouvement du Slow Flower qui promeut les productions locales dans le monde. Pour la Journée de la fleur française, Hélène Taquet reconnaît s’être inspirée du « Lonely bouquet day » (journée du bouquet solitaire). Cette opération, qui se déroule depuis plusieurs années en divers endroits du monde, vante la joie procurée par les fleurs.

L’édition 2021 aura lieu, elle-aussi, le 27 juin. Découvrir les animations et le collectif.

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